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Cahier des charges de site internet : le modèle qui aide vraiment le projet

Les rubriques utiles, les erreurs à éviter et un plan concret pour cadrer votre site sans écrire un document de cinquante pages.

Un bon cahier des charges ne cherche pas à prédire chaque écran. Il donne aux décideurs et au prestataire les informations nécessaires pour comprendre le problème, chiffrer un périmètre et vérifier le résultat. Trop vague, il produit des devis incomparables. Trop rigide, il enferme le projet dans des solutions imaginées avant l’analyse.

À quoi doit servir le document ?

Le cahier des charges remplit quatre fonctions : aligner les personnes internes, transmettre le contexte, délimiter ce qui doit être livré et définir comment la livraison sera acceptée. Il n’a pas besoin d’utiliser un vocabulaire technique. Une description précise de votre métier et de vos utilisateurs vaut mieux qu’une liste de technologies copiée ailleurs.

Pour une petite entreprise, dix à quinze pages bien structurées suffisent souvent. Les annexes peuvent recevoir l’inventaire des contenus, les exports ou les contraintes détaillées.

1. Présentez l’entreprise et le déclencheur

Expliquez l’activité, les offres principales, la zone couverte et l’organisation du projet. Puis décrivez ce qui motive l’investissement aujourd’hui : repositionnement, site devenu lent, changement de catalogue, faible visibilité ou besoin de connecter un outil.

Évitez les généralités comme « moderniser notre image ». Ajoutez des faits : les visiteurs appellent pour des informations déjà présentes, l’équipe ne peut plus mettre à jour les pages, ou l’offre prioritaire reste difficile à trouver.

2. Formulez des objectifs hiérarchisés

Limitez-vous à un objectif principal et deux secondaires. Pour chacun, indiquez un signe de réussite. Par exemple :

  • Principal : augmenter les demandes qualifiées pour le service A ; signe : davantage de formulaires mentionnant ce service.
  • Secondaire : rendre l’équipe autonome ; signe : publication d’une actualité sans intervention technique.
  • Secondaire : préserver la visibilité existante ; signe : anciennes URL importantes correctement redirigées et suivies.

Ne transformez pas un objectif en promesse impossible à attribuer au site. Le chiffre d’affaires dépend aussi du trafic, de l’offre et du traitement commercial.

3. Décrivez les utilisateurs par leurs tâches

Un persona utile n’est pas une fiche décorative avec un prénom fictif. Pour chaque public, précisez ce qu’il cherche, ce qu’il sait déjà, ce qui le freine et l’action attendue. Distinguez également les utilisateurs internes : rédacteur, administrateur, commercial, technicien.

Cette information influencera la navigation, les contenus et les droits d’accès. Un client sur mobile après une urgence ne parcourt pas le site comme un acheteur B2B préparant un comité.

4. Dressez l’inventaire des contenus

Listez les pages, textes, photos, vidéos, fichiers et données disponibles. Pour chaque élément, indiquez son état : conserver, réécrire, produire, migrer ou supprimer. Nommez le responsable et la date de disponibilité.

Le contenu est souvent le chemin critique. Un planning de développement ne compense pas trois semaines de retard sur les textes. Si vous attendez du prestataire qu’il rédige ou organise une séance photo, inscrivez-le explicitement.

5. Décrivez les fonctions avec des scénarios

Remplacez « espace client » par un scénario : « Un client reçoit une invitation, crée son mot de passe, consulte ses documents et télécharge une facture. Le responsable peut ajouter un document et révoquer l’accès. » Ce format révèle les rôles, les données et les cas d’erreur.

Classez les fonctions selon trois niveaux :

  • indispensable au lancement ;
  • utile si le budget le permet ;
  • évolution envisagée.

Cette hiérarchie donne au prestataire la possibilité de proposer une première version réaliste.

6. Documentez les connexions et les données

Identifiez le CRM, l’ERP, la newsletter, la réservation, le paiement ou les flux produits. Précisez qui possède les comptes et si une documentation d’API existe. Pour les données personnelles, indiquez ce qui est collecté, pourquoi, pendant combien de temps et qui y accède.

Une intégration ne se résume pas à « connecter le CRM ». Il faut prévoir les champs, les doublons, les erreurs de transmission et le comportement lorsque l’outil distant ne répond plus.

7. Intégrez le SEO à la structure

Donnez les services et zones prioritaires, les questions fréquentes des prospects, les concurrents connus et l’accès éventuel à Search Console. Pour une refonte, joignez l’inventaire des URL et exigez un plan de redirection.

N’imposez pas une densité de mots-clés. Demandez plutôt une recherche d’intentions, des titres uniques, une structure sémantique, un sitemap et la conservation des pages utiles. Le contenu doit d’abord aider les lecteurs, conformément aux recommandations de Google sur les contenus utiles.

8. Fixez les contraintes non négociables

  • date liée à un événement ou à la fin d’un contrat ;
  • budget ou fourchette validée ;
  • hébergement, sécurité et localisation des données ;
  • navigateurs, appareils ou accessibilité attendus ;
  • identité visuelle et ressources existantes ;
  • langues, réglementation et processus de validation.

Une contrainte n’est utile que si elle est réelle. Évitez d’imposer un outil simplement parce qu’il a été cité lors d’une réunion.

9. Définissez les livrables et la recette

Listez ce que vous recevrez : arborescence, maquettes, thème, contenus, redirections, documentation, formation et accès. Ajoutez des critères testables. « Le site doit être rapide » est ambigu ; « les images sont dimensionnées, le cache activé et les pages prioritaires testées avec des données de terrain » est plus exploitable.

Exemples de critères de recette

  • chaque formulaire confirme l’envoi et arrive au bon destinataire ;
  • les anciennes URL prioritaires répondent par une redirection permanente vers une page équivalente ;
  • les contenus peuvent être modifiés avec le rôle prévu ;
  • les parcours principaux fonctionnent au clavier et sur mobile ;
  • les comptes, sauvegardes et procédures de reprise sont remis.

10. Organisez la gouvernance du projet

Nommez un décideur, les contributeurs et le délai de validation. Précisez le canal de suivi, le rythme des points et la personne autorisée à demander un changement de périmètre. Beaucoup de dépassements viennent de décisions contradictoires, pas du développement.

Le plan prêt à utiliser

  1. Contexte et déclencheur.
  2. Objectifs et indicateurs.
  3. Publics et tâches.
  4. Contenus disponibles et à produire.
  5. Arborescence envisagée.
  6. Fonctions et scénarios.
  7. Outils connectés et données.
  8. SEO, mesure et redirections.
  9. Contraintes.
  10. Livrables, recette et gouvernance.

Utilisez ce plan pour demander un cadrage, pas pour concevoir seul toute la solution. Alliance Web peut transformer ce document en architecture et en périmètre de création de site internet. Pour estimer l’investissement, complétez-le avec notre guide sur le budget d’un site.

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